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Full text of "Considérations sur les soins à donner à la femme en dehors de tout accident , avant, pendant et après l'accouchement."

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FACULTE DE MÉDECINE DE PARIS 


Année 1877 

POUR 

LE DOCTORAT EN MÉDECINE 

Présentée et soutenue le 16 avril 1877,, à 1 heure. 

Par Amice-Reay BARRER, 

Né à Stoke on Irent (Angleterre), le 20 août 1851. 

CONSIDÉRATIONS 

SUR LES SOINS A DONNER A LA FEMME 

EN DEHORS DE TOUT ACCIDENT 

AVANT, PENDANT ET APRÈS L’ACCOUCHEMENT 

Président de la Thèse : M. DEPAUL, Professeur. . . ' 

i YULPIAN, Professeur , 

uges : MM. j j> AMASGHINOj LEGOPiCHÉ, Agrégés. 

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur tes diverses- 
parties de l'enseignement médical 



PARIS 


A. PARENT, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE MÉDECIN* 

31, EUE MONSIEUR-LE-PRINCE, 31 

r877 


Sïïm rnIlljBIljî ITI|1tiTjTnTjrmjTnTpllT|rDl|<mjtIrt|Mll|lllljVllïjiTII|tlll|lTiljIIII|lil-lJltli|Hll|lNljI'nTpTTTjl.lllj-lllf|riUjIMl|ir«|ttflj*lH|'ÎTIl 

i 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ïl 12 13 14 15 16 1 


THÈSE 



FACULTE DE MEDECINE DE PARIS 


Doyen.*. M. VULPIAN. 

Professeurs. affipwv 

Anatomie. . . ..SAPPEY. 

Physiologie...GAVARRET 

Physique médicale. ..... • • .. 

Chimie organique et chimie minérale, . . • vvUrllZ. 

Histoire naturelle médicale. .BAILLON. 

Pathologie et thérapeutique générales.CHAUFFARD. 

i JACCOUD. 

Pathologie médicale.. .... J PETER. 

I N. 

Pathologie chirurgicale ..j TRËLAT. 

Anatomie pathologique.CHARCOT. 

Histologie. .. .ROBIN. 

Opérations et appareils. .LE FORT. 

Pharmacologie.. . ... . REGNAULD., 

Thérapeutique et matière médicale. ...... GUBLER. 

Ilygièn".... ... ..... BOUCHARD AT 

Médecine légale ..TARDIEU. 

Accouchements, maladies des femmes en couche 

et' des enfants nouveau nés... PAJOT. 

Histoire de la médecine et de la chirurgie. . . PARROT 
Pathologie comparée et expérimentale. , . . . VULPIAN. 

SEE (G.). 

, LASEGUE. 

Clinique medicale. .. ... HARDY 

POTAIN. 
RICHET, 
i GOSSELIN.; 
B'ROCA 

Clinique chirurgicale- ..VERNEUIL. 


Clinique d’accouchements.DEPAUL. 

Doyen honoraire : M. WURTZ 
Pro/esseurs honoraires • 

|MM. BOUILLAUD, le Baron J. CLÜQUET et DUMAS, 


Agrégés en exercice. 

MM. MM. MM. MM. 

ANGER. CHARPENTIER. FERNET. LËCORCHÉ. 

^BERGERON. DAMASCHINO. GARIEL. LE DENTU. 

BLUM. DELENS. GAUTIER. NICÀISE. 

fBOUCHARD. DE SEYNES. GU^NIOT. OLLIVIER. 

, BOüCHARDAT. DUGUET. HAYEM. RIGAL. 

;brouardel. duval. LANCEREAUX. TERRIER. 

C ADI A T FARABEUF. LANNELONGUE. 

Agrégés libres chargés de cours compléittaoitatres. 

Cours cliniqus des maladies de la peau. . ..MM. N. 

des maladies des enfants. N. 

des maladies mentales et nerveuses. .. BAIL, 

—*■ de l’ophthalmologie . . .. . . PANAS. 

r_, des [maladies des voies urinaires. GUYON. 

de maladies syphilitiques ....... .. ..,«—..... FOURN 

Chef des travaux anatomiques. . . . . . Marc SE 


Le Secrétaire de la Faculté : PINET. 


Par délibération en date du 9 décembre 1798, l’Ecole a airêté que les opinions omises 
dans les dissertations qui seront présentées doivent être considérées comme propres a 
leurs auteurs, qu’elle n’entend leur donner aucune approbation ni improbation. 

























A MON PRÉSIDENT DE THÈSE 


M. DEPAUL 

Professeur de clinique d’accouchements à la Faculté de Paris 
Chirurgien de l’hôpital des Cliniques, 

Membre de l’Académie de médecine, 
Commandeur de la Légion d’honneur. 



A MES MAÎTRES DANS LES HOPITAUX 

M. EMPrS 

Professeur agrégé à la Faculté de Paris, 
Médecin de l’hôpital de la Charité, 
Membre de l’Académie de médecine. 


M. GUENEAU DE MUSSY 

Médecin de l’Hôtel-Dieu, 
Membre de l’Académie de médecine. 


M. Léon LABBÉ 


Professeur agrégé à la Faculté de médecine, 
Chirurgien de l’hôpital de la Pitié. 

jsnbabàm s h aimtbeaA'I sb siclwsl'/i 

orJMi M. ï)ESNOS ' 

Médecin de l’hôpital de la Pitié. 


M. Germain SÉE 

Professeur de clinique médicale à la Faculté de Paris, 
Membre de l’Académie de médecine, 

Médecin de l’hôpital de la Pitié. 


M. Marc SÉE 

Chef dès travaux anatomiques de la Faculté de Paris. 



CONSIDÉRATIONS 

sua 

-V" è -y,h UioA 

LES SOINS A DONNER A LA FEMME 

EN DEHORS DE TOUT ACCIDENT 

AVANT, PENDANT ET APRÈS L’ACCOUCHEMENT 



Comme l’indique le titre de notre thèse, nous 
avons borné notre étude aux soins nécessaires 
dans les cas normaux, et nous n’avons pas voulu 
entrer dans l’indication des dispositions spéciales 
que réclament les nombreuses complications au 
cours de la grossesse, de l’accouchement même ou 
des suites de couches. Notre travail se trouve na¬ 
turellement divisé en trois parties, qui sont les 
suivantes : 

Des soins à donner pendant la grossesse ; 

Des soins à donner au moment de l’accouche¬ 
ment ; 

Des soins à donner pendant l’état puerpéral.» 

Dans la deuxième partie, qui concerne les soins 



- 6 - 

réclamés par la femme en travail, nous nous 
sommes rigoureusement abstenu de toucher à ce 
qui regarde la pratique de l’accouchement et de 
la délivrance, ou pour ainsi dire le manuel opéra¬ 
toire ; bien qu’il n’y ait en effet là que le dénoue¬ 
ment naturel d’un état physiologique, ce sont après 
tout des opérations et, à ce titre, elles ne rentrent 
pas dans notre sujet. 

Avant de terminer nos études et de quitter à la 
fois l’École de Paris et la France, nous voudrions 
exprimer ici notre vive reconnaissance pour la 
bienveillance que nous avons toujours trouvée 
chez nos professeurs de la Faculté et chez nos 
maîtres des hôpitaux. Nous aimerions seulement 
à penser que nous nous montrerons digne de l’en¬ 
seignement que nous avons reçu d’eux, mais en 
tout cas nous ne pourrons jamais oublier l’accueil 
si hospitalier qui nous a été fait à la Faculté de 
Paris et les heureuses années d’étude que nous y 
avons passées. 

I. 

DES SOINS A DONNER PENDANT LA GROSSESSE. 

On considérait autrefois la femme enceinte 
comme très-fréquemment atteinte de pléthore, ou 
du moins comme ayant une tendance à cette dis¬ 
position. On mettait aussi toujours sur le compte 





de cet état pléthorique les différents troubles fonc¬ 
tionnels qui se rencontraient au commencement, 
ou bien encore aux derniers mois de la grossesse, 
comme par exemple céphalalgie, somnolence, ver¬ 
tiges. tintements d'oreille, palpitations, dys¬ 
pnée, etc. Cette manière de voir conduisait natu¬ 
rellement à combattre, par un traitement de dé¬ 
plétion, ces divers désordres, alors même qu’ils 
n’étaient encore déclarés et en quelque sorte par 
mesure de précaution; on employait en consé-, 
quence les moyens qu’on regardait comme pro¬ 
phylactiques et hygiéniques. On pratiquait chez 
les femmes la saignée du bras à plusieurs reprises 
pendant la grossesse. 

Cette théorie est maintenant, d’une façon géné¬ 
rale, renversée, et on considère comme rares ces 
cas de grossesse avec prédisposition à la plé¬ 
thore. 

La théorie qui s’est substituée à cette dernière 
et qui paraît être plus près de la vérité, est que la 
condition de la femme enceinte est plus rapprochée 
d’un état chloro-anémique que de la pléthore. Ces 
principes reposent sur les analyses qu’on a faites 
du sang de la femme pendant la durée de la ges¬ 
tation, et aussi sur l’analogie qui existe entre, les 
troubles fonctionnels de la grossesse et ceux qui 
se manifestent dans la chloro-anémie. On a con¬ 
staté (1), surtout dans les derniers mois, qu’il y a 

(1) Regnauld. Thèse. 



— 8 — ' 

diminution dans les globules, dans l’albumine du 
sang, en même temps qu’augmentation dans la 
quantité d’eau et de fibrine. De nouvelles indica¬ 
tions résultent naturellement du fait qu’on regarde 
maintenant la femme comme ayant subi normale¬ 
ment une modification de circulation et comme 
étant toujours sur le point de devenir chloro- 
anémique. 

La femme n’est plus soumise aux émissions 
sanguines; au contraire, elle doit être mise à un 
régime réparateur, autorisée à manger à son 
appétit. 

il est à peine nécessaire de parler des vêtements 
que doit porter la femme. Nous dirons seulement 
que ses vêtements doivent être tels qu’ils ne com¬ 
priment ni l’abdomen ni les seins et qu’ils laissent 
entièrement libre la circulation. Nous ajouterons 
aussi que dans le cas où il y aurait tendance du 
fond de l’utérus à se porter trop en avant, la 
femme devra porter une ceinture hypogastrique 
faite avec soin ; on empêchera ainsi une obliquité 
antérieure de se produire. 

L’attention du médecin ne doit pas négliger un 
point important de l’hygiène obstétricale, nous 
voulons parler de l’exercice. A considérer la chose 
en général, il est évident que tout exercice violent 
doit être évité, de peur de provoquer quelque ac¬ 
cident comme une hémorrhagie ou un avortement; 
évident aussi que l’exercice modéré est utile pour 



tenir la femme,en bonne santé. Une remarque qui, 
a son importance, c’est qu’elle ferait mieux de Je, 
prendre à pied qu’én voiture. En ^oiture, en pffet^ 
et en chemin de féi;, elle es^ exposéeQ recevoir des 
secousses qui pourraient avoir des conséquences} 
sérieuses, surtout jsi la femme est prédisposée -à } 
avorter. Il y a des périodes où elle doit plus qu’à 
d’autres se garder de s’exposer a de trop grands 
mouvements ce spni tes’périodes qui correspon¬ 
dent aux époques menstruelles, et, plus particu¬ 
lièrement pendant les troisième et septième mois,} 
ihoâiénfs où on voit survenir Te plus fréquemment 
les avprtèments et les accdÙchëmehts prématurés. 
Lès fémmes qui ont déjà eu des fausses couches? 
doivent tout spécialement se bien Surveiller à 1 des’ 
moments aüssi bieti qu’a la péridde qui Cordés-^ 
pdnd aux ; avortements précédente, car Quelques- 
unes paraissent aèqüérir l’habitude" d’avorter à 
dite date fixe dans le cours dé la' grossesse'. 101/00 
i i Lés bains ne doivent $ pas êtré ihterdits à ld 
femme énCeinte d’uné manière générale; On abitê 
dés expériences qui tendraient à montrer que lès 
bains même froids et l’hydrothérapie ont une 
fluenbe plutôt bonne que mauvaise; suipleeourè; et 
la terminaison de la grossesse. Les bains chauds 
seuls ire conviennent pas à cause de leur ; effet 
débilitant. .-'.jiBLhon i/o rjfliHqet si iirm-nq h 
:} [ L’urine ne doit pas être négligée, et on fera bien 
de If examiner pendant le cours de la grossesse» 
b. 2 



— 10 — 

titëm-'âm le dèàd&ff n’f & eü ni^titôcédertts 
<féclàmp3ie ni traces d'anasarqué. La précaution 
est d’autant plus* ratidÜfiéîfe* que la femme est 
primipare. On se mettra ainsi en garde contre 
l'existence de tout signe d'albumine. On sait en 
effet, selon lés recherches de Frerichs, que fé- 
cldmps'ie peut meme se déclarer sans être précé¬ 
dée, comme d’habitude, par de l’oedème. 

L’Une des règles auxquelles doit s'astreindre le 
médecin est d’interroger la femme, soit immédia¬ 
tement, soit dans-le cours de la grossesse, de façon 
à se mettre en garde contre les difficultés et les 
surprises que sans cela il ine peut prévoir. Après 
avoir fait* cela va sans dire, le diagnostic de la 
grossesse, il devra s’informer, en cas de multipa¬ 
rité, du cours et de la -terminaison des gros¬ 
sesses antérieures, rechercher s’il y a des fausses 
couches et essayer; dfen découvrir la cause ; la 
femme est-elle primipare, il s’informera avec soin 
de la question de savoir #’il y a eu du rachitisme 
dans les antécédents^ et soumettra le bassin à 
un examem interne, et il fera de même chez la 
multipare; [qui? n’a pas eu d’enfants à terme. 11 est 
évident que*: au fait des accidents survenus dans 
le§ grossesses antérieUreSydl pourra mieux prévoir 
et prévenir la répétition des accidents. nidèf; 
h:; Telles sont les indications générales que le 
médecin devra'avoir présentes Jà l’esprit en face 
e .a 




de'la grossesse .el les précautions pratiques rqu’il 

' a SëVü0P#idVrél ri, ’ jî h èiaqà'iq nu'î f effl xuob 'liovs’b 
H'nBoibio o'ibm ( la piorhiinaos s ramai si ôo f ol fih 

900 : . i-rrW -v- 


DES SOINS A DONNER PENDANT JU’ACfiO.DAUEMENX. 


Il va sans dire que lé ; médecin ^n’arrivera ,au- 
près de la femme dite en .travail qu’après s’être 
muni -des différents objets dont 11 pourrait avoir 
besoin dans l’intérêt delà femme ou de l’enfant. 
.Son premier soin sera 4e s’infermer-sifla femme 
est vraiment<en Iravail et 4 quelle période du tra¬ 
vail elle en est. Il procède ensuite au diagnostic 
delaiprésentationret; de la .pp^itioii, et s’assurera 
que l’enfant est vivant. Tout cela fait, il peu! s’oc¬ 
cuper des soins nécessaires en .commençant à 
porter son attention sur les, arrangements prépa¬ 
ratoires qui concernent le lit, la chambre* >etp, ifcgs 
dispositions quant ù la chambre que doit occuper 
la femme pendant son séjour .au lit, isopt, 3 pour la 
plupart, prises sans que l’on ait vconssuffé leonéde- 
pin , de sorte,.qu’il ne .lui reste pu’à les ratifier, à 
..moins qu’il |ii’y trouve de : graves inconvénients. 

Il .devra tcependant exiger que .la .chambre-soit 
,aussidranguille, .spacieuse pf facile à aérer .que 
possible, puisque l’observation 4es ..règles 4’hy- 
,giène|cpnstituevuneiparliopssenlielledudraitement 
„des femmes.en couches. 



—ma — 

II’ En France et en Allemagne, on a l’habitude 
d’avoir deux lits, l’un préparé d’une manière spé¬ 
ciale, où la femme accouchera, et l’autre ordinaire, 
dans lequel elle sera portée après la délivrance. 

En Angleterre et en Amérique on laisse la 
feùi'më àcCOÙchet J SÛr lë r lit qu’ëllé doit occuper 
pendant tout le temps qui suivra les couches. Une 
' précaution pratique qui ne laisse pas d’avoir son 
^importance, consiste à veiller à ce que le lit soit 
,J garni, non de plûmes; mais de matelas faits avec 
■Ûü clin ou du varech. Nous tt’avons pas ; besoin 
de dire que l’avantage de là méthode des deux lits 
• ëst d’éViterles dangers quëfont courir à là femme 
lès moJvérriehtS de transport d’un lit à l’autre. 
j (Üés dangers sont un accroissement de fatigue 
•* et d-agitaitioh né^vèüSû; j et-sürtOiit lés hémorrha- 
r gies ou les syndopes^cë' dernier péril étant parti¬ 
culièrement à redouter pour peu que la femme 
&â$t éü 'déS pertes un peu considérables. L’avah- 
tage^qu^ôrï sé>propose dans la méthode française, 
^es't qne làfeminepourra ainsi se reposér dans un 
lit frais et propre, une fois lâ délivrance faite, 
’ màis oh atteint le même résultat par la méthode 
anglaise; en garnissant; lé lit' dë la femme d’une 
:i façon qui permètte dè retirer à la fin tous! les 
linges et les vêtements souillés, et eelâ aù prix 
d’un très-léger déràh^èmênt.' onpcmq x mhioq 
1 L1 II est W peine nécessaire d’ajoüter que tout ce 
que la femme porte pendant lé travail doit être 



— m — 


large, anriple, flottant, afin de no la gêner en au^ 
•Cüne façon. cm f 

, La position qu’ occupe la femme pendant le 
Jtravail diffère aussi suivant les pays; le décubi- 
tus-dorsal est celle qui est adoptée en .France, 
tandis qu’en Angleterre, ion- préfères le décubitiis 
latéral. ; ; : ::b . 

Quant à la position presque universellement 
•adoptée en Angleterre, elle a ce grand: avantagé 
•qu’elle permet dé découvrir moins la femme. 
Mais elle présente en même;temps des inconvé¬ 
nients dont nous ine r citons que les deux princi¬ 
paux. Et d’abord il y a toujours une partie de la 
force d’expulsion qui est perdue pour- l'accouche¬ 
ment, parce qu die ü est r employée : à o ramener 
4’utérus vers la ligne médiane. Le: second désavan¬ 
tage est l’incommodité de. cette position dans lés 
easou. ou dura à appliquer, le forceps. Schroder. (1) 
montre par les statistiqués qué dans le décubitus 
dorsal les chances de conservation du périnée sont 
les plus défavorables. • •: 

, 1 ; Pendant la première période de F accouchement, 
période de dilatation^ la femme est libre de prendre 
la position dans laquelle/ elle se trouve le plus f à 
son aise', sauf dans' des 1 : cas exceptionn eïs lors¬ 
qu’elle se sent faible ou qu’elle souffre d’une her¬ 
nie, d’Un œdème, de varices., etc., et - alors elle 
' je • .lievjj-it m.- Iu ;bh l-b ; îns;osvfi{* an* sis .mob 

*■ (1) Schroder. Manuel d’accoùch'ements,- etcv ; - i -O 





doit se coucher dès le début. Mais une fois le col 
dilaté, et en tout cas avant la rupture des mem¬ 
branes, il est nécessaire que la femme se couche, 
et cétte iprécauition est surtout indiquée quand 
elle aigu plusieurs enfants, caron sait que dansces 
circonstances ^expulsion est quelquefois tellement 
rapide que l’enfant peut naître la femme debout, 
avant; qu’on puisse - arriver à la -faire se coucher. 
Il est évident qu’on s’exposerait dans ce cas, non- 
seutoent avoir l’enfant précipité sur le sol et de 
cordon; se rompre, maisrencore à voir se produire 
-un décollement du placenta, une déchirure des 
parties-molles ou même un-ren versement complet 
-de l’utérus. ;Même dans cette dernière période 
cependant, il y/a-des cas où ta femme ferait-bien 
de m lever et de use promener, ■soutenue par ;des 
aides, si elle ne peut marcher seule, par exeipple 
quand les contractions utérines semblent dimi¬ 
nuer au lieu de s’accroître, car-il semble démon- 
tiré qu’un exercice modéré -a l’effet d’exciter la 
contractilité de l’organe. 

Dans la première période de l’accouchement, 
le-médecin doit .porter son attention sur l’état de 
.la vessie et du rectum, Gette précaution est d’au¬ 
tant plus nécessaire qu’il existe le ; - plus souvent 
pendanties derniers jours de la grossesse un cer*- 
tain degré de constipation et de dysurie. On or¬ 
donnera un lavement au début du travail, et 
on s’assurera que da, jggggjjg #pit :j vidée., spoiitané- 



— 15 — 


me ntt, m parle cathétérisme, si la femme ne peut 
Humer seule. Ges soins ne sont pas seulement! 
indiqués* par des motifs de propreté, mais aussi 
en raison de certains troubles qui pourraient sur¬ 
venir si on les négligeait. La vessie reste?t-elle 
distendue pendant le travail, elle pourrait consti¬ 
tuer un obstacle à l’engagement, de la tête au 
détroit supérieur et rendre plus difficile! l’expul¬ 
sion du fœtus. Au moment, de l’expulsion de la 
tête, les parois abdominales doivent entrer en 
contraction, ruais la femme au contraire suspend 
instinctivement ses efforts, à cause de iâi vive 
douleur qu’elles réveillent en comprimant la. 
vessie ; ou même si elle ne ; les arrête pas, leur 
action est paralysée, par la quantité de liquidé 
interposé entre ces parois et celle de l’utérus. Il 
pourrait eu outre résulter comme, conséquence, 
fréquente, de cette distension, une paralysie de la 
vessie, qui serait la source de difficultés j ulté¬ 
rieures. La compression exagérée exercée par la 
tête produit quelquefois dans ces circonstances, 
des fistules vésico-vaginales. On a même vu dans 
des cas rares,, il est vrai, une rupture de la vessie. 
Souvent ce n’est pas, la distension de la vessie, qui 
fait obstacle à l’engagement de la tête ; éest au- 
contraire la comprenions sur lei col de lai vessie, 
de la tête déjà engagée qui empêche la miction 
spontanée., : onisshè <.•.■ 

Dans ce cas, on pourrait porter remède ëbf fô- 



— m — 

sayant de repousser un peu la tête avec les deuxr 
doigts. Siees essais ne réussissent)pas, il faudra 
pratiquer le cathétérisme au moyen d’une sonde 
d ! hoffime qui agira mieux à cause de sa plus grande* 
courbure. ' i 

Il arrive souvent que la femme en dehors des 
douleurs de Faccouchementmême, est tourmentée 1 
par des troubles qui, sans pouvoir être classés 
dans la catégorie des complications, lâ ! font beau-* 
coup' souffrir. Dans la première partie Surtout du 
travail, lesdemmes se plaignent très-souvent de 
douleurs de reins qui paraissent résulter de-la 
pression exercée sur les’ nerfs de cette région par 
l’utérus. On recommande de les calmer au môyetf 
d’une serviette passée; souè les lombes et tenue 
aux deux bouts par des aides qui soulèvent ainsi 
un peu la femme. On a aussi conseillé à la femme 
de se mettre à genoux et d’appuyer ses mains su$ 
un objet quelconque assez élevé, afin défaire incli^ 
ner l’utérus en avant par son propre poids et dé di¬ 
minuer ainsila compression exercée sur les cordons 
nerveux. Mais ce que conseillé M. Stolz comme 
lemeilleur moyen de les soulager, ; e’éSt> la pres¬ 
sion exercée, par un aide vigoureux sur la régioii 
sacrée profonde, avec la paume de la main, pen¬ 
dant la durée de chaque douleur; Il conseillé aussi 

(1) Stoltz. Nouveau Dictionnaire de médecine et dë chirurgie 
pratique, t.a,;p. 276,, j ; v ^ ( [ 




? 

— il — 

comme remède plus complet encore la pression 
exercée en même temps sur les genoux et dirigée 
vers le bassin, comme si on voulait y enfoncer le 
fémur. 

Chez les femmes nerveuses il survient quel¬ 
quefois, au début du travail, des frissons violents. 
Il n’y a rien d’inquiétant dans ce symptôme; il 
semble plutôt indiquer selon les observations de 
Dewees, là terminaison rapide de F accouchement. 
Une observation très-nette de ce genre, empruntée 
à la pratique de Dewees, est rapportée par Ca- 
zeaux. 

Pour parler des cran.pes dont souffrent telle¬ 
ment quelques femmes dans les cuisses et dans 
les mollets, on opposera aux sensations doulou¬ 
reuses, des frictions faites sur l’endroit qui est le 
siège de la douleur, ou on conseillera à la femme 
dé faire contracter les muscles des membres af¬ 
fectés, en sens inverse de celui dans lequel agis¬ 
sent les contractions spasmodiques. 

Vers la fin du travail, la femme est très-sou¬ 
vent tourmentée par une sensation de ténesme: 
rectal qui tient à l’action réflexe excitée parla 
pression de la tête sur la partie inférieure du rec¬ 
tum. Dans ces cas, il n’y a rien à faire que de con¬ 
vaincre la femme, que ce ne sont là que de faux 
besoins qui disparaîtront une fois la tête sortie. Il 
faut bien se garder de lui permettre de se lever 
pour satisfaire ces sensations. 

B. 



Très-souvent il* arrive que dans les intervalles 
des douleurs la femme a une tendance irrésistible 
à dormir. Cette tendance doit être favorisée autant 
que possible, car non-seulement elle se trouve 
ainsi reposée, mais aussi les contractions revien¬ 
dront, avec plus de régularité et d’énergie. 

Dans un accouchement de durée ordinaire, la 
femme n’aura pas besoin de nourriture s’il ne s’est 
pas passé très-longtemps depuis le dernier repas. 
Si an contraire l’accouchement semble traîner 
longtemps ou que la femme soit fatiguée, on pour¬ 
rait lui permettre quelque nourriture légère, et en 
cas d’épuisement une petite quantité de vin. Sou¬ 
vent les femmes demandent à boire pendant Fin- 
tervalie des douleurs, mais si on leur permet de se 
désaltérer, il faut veiller à ce qu’elles ne boivent 
q 1 ue peu à la fois, de peur d’éveiller des vomisse¬ 
ments, qui surviennent souvent même spontané¬ 
ment, pendant le travail. Il est mieux aussi, sauf 
dans le cas de faiblesse extrême,, de proscrire toute 
boisson stimulante à cause de l’agitation qu’elle 
peut favoriser. 

L’accouchement terminé,, on laisse reposer la 
femme quelques minutes pendant qu’on s’occupe 
de l’enfant,, pour lui donner les seins nécessaires. 
Ce soin ne rentrant, pas dans notre sujet, nous 
n’avons pas l’intention, de les traiter ici.; Aussitôt 
la délivrance faite, la première chose qui réclame 
l’attention du médecin, c’est l’état de l’utérus, qui 



— 19 — 


doit se rétracter complètement. On s’assurera tout 
d’abord par le toucher vaginal et par le palper 
abdominal, non-seulement qu’il reste à sa place, 
qu’il n’a pas été entraîné par le placenta, mais aussi, 
toujours par ce dernier moyen, qu'il est fortement 
revenu sur lui-même et qu’il forme une tumeur 
dure,arrondie au-dessus du pubis sans aucune ten¬ 
dance à se dilater. Si l’utérus ne revient pas sur 
lui-même spontanément et s’il menace d’êtrefrappé 
d’inertie consécutive, on essayera de l’exciter par 
des frictions répétées sur Thypogastre, on le fera 
ainsi se rétracter et chasser tous les caillots qu’il 
peut contenir. Après qu’on s’est aperçu de la ré¬ 
traction de l’utérus et de la cessation de l'écoule¬ 
ment, on doit examiner le périnée pour voir s’il a 
conservé son intégrité. 

Les linges souillés retirés et la femme arrangée 
et pouvant se reposer, le médecin doit rester en¬ 
core quelque temps, au moins une heure, avec 
elle, pour veiller à ce qu’il ne survienne pas d’ac¬ 
cidents. La femme ressent un besoin impérieux de 
sommeil, mais il ne faut pas la laisser seule pen¬ 
dant son sommeil, en prévision du danger qui 
existe d’hémorrhagie. Il faut pendant qu’elle dort 
surveiller avec une grande attention le faciès et 
l’état du pouls,: afin de pouvoir intervenir à la pre¬ 
mière indication. Le médecin doit examiner une 
dernière fois l’état de la rétraction de l’utérus avant 
de partir. ,o ■■ ï ■ . 



— 20 — 

Si ia femme doit nourrir, on recommande de 
mettre l’enfant au sein, après quelques heures, 
aussitôt qu’elle sera un peu reposée. De cette ma¬ 
nière, elle sera moins prédisposée à avoir des 
tranchées utérines intenses. Trousseau conseille 
cette pratique pour d’autres raisons, ce « qu’a 
l’avantage d’une part de façonner le mamelon 
pour la succion ; d’autre part, de débarrasser les 
conduits galactophores du colostrum qui s’y est 
concrété; en troisième lieu, de faire prendre tout 
de suite au nourrisson de bonnes habitudes (1). » 

III. 

DES SOINS A DONNER APRÈS L’ACCOUCHEMENT 

La première visite du médecin après l’accouche, 
ment ne doit pas être différée ; ce ne sera pas faire 
preuve d’une prudence exagérée que de se rendre 
auprès de l’accouchée dans les huit ou dix heures 
qui suivent. Dans les visites qui suivent l’accou¬ 
chement, le médecin doit s’informer avec exacti¬ 
tude de l’état général de la femme. C’est l’aspect 
de la malade et l’examen de son état nerveux qui 
pourront fournir les renseignements nécessaires, 
et cela, au besoin, sans que la malade s’en aper¬ 
çoive. C’est ainsi qu’elle peut n’être pas remise de 

(1) Trousseau. Clinique médicale, t. III, p. 160. 



— 21 — 


la faiblesse résultant du travail, ou bien, au con¬ 
traire, présenter une excitation exagérée. Dans les 
deux cas, l’attention du médecin sera éveillée, et 
il cherchera immédiatement le point de départ de 
cet état anormal. 

Mais c’est avant tout par T examen du pouls et 
de la température qu’il doit se guider. Le pouls, 
surtout, doit être soigneusement interrogé à cha¬ 
que visite. A un moment plus ou moins éloigné de 
la fin du travail, mais dans l’espace des premières 
vingt-quatre heures, il y a, le plus ordinairement, 
un ralentissement considérable des pulsations qui, 
de 75 pris comme chiffre physiologique, descen¬ 
dent à 56 et même souvent au-dessous. 

Il a été constaté que ce ralentissement dure 
pendant trois ou quatre jours chez la primipare et 
plus longtemps chez la multipare. Nous n’avons 
pas besoin d’ajouter que le pouls doit être pris 
toujours dans la même position. Pendant la fièvre 
de lait ce ralentissement est, la plupart du temps, 
moins considérable et on voit quelquefois, mais 
rarement, il est vrai, le pouls reprendre sa fré¬ 
quence normale. On comprend que la connais¬ 
sance de ces laits est indispensable au médecin, 
pour que, d’une part, il ne s’inquiète pas en con¬ 
statant un phénomène qui, dans Ces circonstances, 
est physiologique, et pour que, d’autre part, il se 
tienne sur ses gardes et ne méconnaisse pas le 
commencement d’un mouvement fébrile. 



- n — 

« Il arrive, en effet,, quelquefois, surtput si les 
accidents inflammatoires rie sont pas tout d’abord 
d’une très-grande gravité, que le pouls, tout en 
s*accélérant notablement, ne dépasse pas le chiffre 
qù’on pourrait regarder comme l’état normal, et 
alors dans ces cas, si on ne tient pas ,un compte 
suffisant de la chaleur de la peau, on peut laisser 
passer inaperçus des accidents qu’il serait utile de 
combattre immédiatement » Et l’éminent observa¬ 
teur (1) rapporte à l’appui de ces remarques le fait 
suivant, que nous nous permettrons de citer, ear 
il prouve combien ces détails, légers en apparence, 
exposent à des dangers sérieux : 

ce C’est ainsi que j’ai vu une femme qui, au mo¬ 
ment où le pouls était tombé à 44, fut prise d’une 
métrite qu’un confrère, très-expérimenté, mécon¬ 
nut au début parue qu’à ce moment le pouls ne 
battait que 75 fois par minute- En me souvenant 
du ralentissement qui existait la veille, en tenant 
compte de la chaleur de la peau et d’un léger 
frisson survenu pendant la nuit, je pus dire que 
cette femme était dans un état pathologique déjà 
assez sérieux, quoique son pouls ne battît que 75 
fois par minute. 

« Mon avis ne prévalut pas; aucun traitement 
actif ne fut institué et le soir inênie le pouls était 
mpnté à 120 ; des douleurs abdominales vives exis- 

■ : : 

(1) Blot. Archives de médecine, 1864. . 




taient et des émissions sanguines locales r quoique 
assez abondantes, ne purent triompher complète¬ 
ment des accidents, par cela seul que le traitement 
avait été appliqué six heures trop tard, 

« Dans de pareilles circonstances on devra donc 
toujours avoir égard au degré de ralentissement, 
antérieur au début de la maladie, et se laisser 
guider, pour appliquer le traitement nécessaire, 
bien plus stir les autres phénomènes concomi¬ 
tants que sur le degré de fréquence absolue du 
pouls.'/ 

En cas de doute, on aura toujours recours à 
l’exploration de la température et les variations 
thermométriques décideront, s’il y a lieu ou non, 
de craindre, d’un côté, un affaissement considéra?- 
ble des forces vitales, de l’autre, l’invasion d’un 
état fébrile. 

Selon Schrôder (1) « le thermomètre,' chez les 
femmes en couches, décèle avec tant de précision 
les moindres perturbations que l’on peut tant que la 
température reste au-dessous de 38° ou ne dépasse 
que fort peu ce chiffre s’abstenir d’exploration in¬ 
terne, et si en outre le pouls est très—lent, il faut 
considérer cela comme la preuve que tout se passe 
dans Tordre parfaitement normal.» 

L’utérus doit être l’objet d’une observation quo¬ 
tidienne portant sur son volume et sur sa sensi- 
bilité. 

(4) Schrôder, Manuel d’accouchements, etc. 



- U — 

Hâtons-nous de dire que pour cet examen il suf¬ 
fira de pratiquer le palper abdominal sans avoir 
recours au toucher vaginal, qui doit être évité au¬ 
tant que possible. D’après les résultats des recher¬ 
ches du D r Wieland (1), sur la rétraction de l’utérus, 
il ne se fait de diminution régulière et progressive 
qu’après l’établissement de la sécrétion lactée. Dur 
et contracté immédiatement après l’expulsion du 
placenta, l’utérus augmente de volume d’un degré 
insignifiant pendant les heures qui succèdent; 
il diminue de nouveau ensuite, tout en ( restant 
mou et moins contracté pendant l’état conges¬ 
tionné des seins. On ne le voit disparaître dans 
l’excavation pelvienne que le onzième ou le dou¬ 
zième jour chez les primipares et le treizième chez 
les multipares. 

Dans un travail plus récent en parlant du re¬ 
trait de l’utérus, après l’accouchement, le doc¬ 
teur Autefage fixe à peu près la même époque (2). 

Ces considérations sont d’une grande utilité au 
point de vue pratique, car la femme étant, sous 
tout autre rapport, en bonnes eonditiôns, c’est le 
degré de retrait de l’utérus, qui doit déterminer 
la durée de son séjour au lit. 11 n’y a point de 
limite réglée et arbitraire, s’appliquant indiffé¬ 
remment à tous les cas, pour déterminer le mo- 
' ' ■ - . ■ ■ 

(1) Wieland. Thèse de Paris, 1858, n # 305. 

(2) Autefage. Thèse de Paris, 1869, no 309. 

' .ois .eJosmsdouboos'h testa** jnfcferfaë -i ) . 



— 25 — 


ment ou la femme pourra se lever impunément 
pour la première fois. Même quand les neuf jours 
sacramentels se sont passés sans accidents et que 
la femme demande, avec insistance, à quitter le 
lit, le médecin doit avoir uniquement égard à 
l’état de l’utérus et à son degré d’involution, pour 
accorder cette permission. Il faut attendre que 
l’utérus ait complètement disparu au-dessous du 
détroit supérieur du bassin, si on ne veut s’expo¬ 
ser à des accidents. Le retrait de l’utérus n’a lieu 
qu’en l’absence de maladies intercurrentes, non- 
seulement de celles qui ont leur point de départ 
dans l’utérus lui-même, mais aussi bien des au¬ 
tres maladies inflammatoires qu’on voit survenir 
si souvent dans l’état puerpéral, comme, par exem¬ 
ple, pour ne citer que les plus communes, les af¬ 
fections thoraciques. On a remarqué que . même 
les gerçures au sein qui ont duré un certain temps; 
influent sur l’état de l’utérus en empêchant ce 
retrait régulier. 

En dehors de toute maladie on voit quelquefois 
l’utérus rester stationnaire ou même remonter 
considérablement dans l’abdomen, quelquefois il 
remonte même au-dessus de^l’ombilic et on serait 
embarrassé et même inquiet, si on n’avait pas pré¬ 
sente à l’esprit la possibilité de la distension de la 
vessie. 

C’est, en effet, là une cause fréquente d’erreur. 
Dans ces circonstances, on trouve, non-seulement 
b. * 



l’utérus refoulé en haut, mais on peut constater 
une dilatation considérable et une augmentation 
réelle de volume. On peut s’assurer de ce fait par 
l’examen hystérométrique* II suffira, dans ce cas, 
de pratiquer le cathétérisme, pour voir l’utérus 
redescendre et revenir à son volume antérieur. 

Nous avons été nous-même témoin dans ces 
derniers temps d’un fait analogue, qui s’est passé 
dans le service de M. le professeur Depaul. 

En observant les précautions que nous venons 
d’énumérer, on évitera bien des erreurs et même 
de réels dangers. Les femmes qui ne veulent pas 
se soumettre à ces indications s’exposent, en effet, 
non-seulement à des inconvénients sérieux, mais 
peuvent même compromettre leur vie. Elles pour¬ 
raient de nouveau voir apparaître les lochies san¬ 
guinolentes ou être prises, par suite de refroidis¬ 
sement, de quelque maladie inflammatoire, ou 
encore voir survenir un déplacement de l’utérus. 

Ce dernier accident est assez fréquent comme 
conséquence d’une pareille imprudence, et se ren¬ 
contre surtout chez les femmes delà campagne. 
C’est chez elle, en effet, que sa présentent avec la 
plus grande fréquence les chûtes de l’utérus, aussi 
bien que les flexions et les versions. 

On s’explique facilement le mécanisme de ces 
accidents en se rappelant l’état de relâchement des 
ligaments, le poids plus considérable de l’organe 
gestateur dans les premiers temps, qui succèdent 



— 27 — 

à l’accouchement, et la pression de la masse in¬ 
testinale. En supposant que tout marche dans 
l’ordre régulier et normal, la femme pourra dans 
les cas ordinaires sortir du vingtième au vingt- 
neuvième jour et elle pourra reprendre à partir 
de ce moment ses occupations ordinaires* mais 
graduellement et peu à peu. 

N’oublions pas qu’en même temps qu’on exa¬ 
mine l’utérus tous les jours pour constater son 
volume, on devra porter la plus grande attention 
sur l’état de l’abdomen en général, et s’assurer 
par le palper et la percussion s’il n’y a pas de 
tympanisme, symptôme qui est toujours de mau¬ 
vais augure. 

Outre le volume de l’utérus, on doit pendant 
les premiers jours explorer au moyen du palper 
abdominal fait avec douceur, l’état de sensibilité 
de cet organe et de l’abdomen en général. Une 
douleur naissant ou augmentant à la pression fe¬ 
rait soupçonner le début de quelque accident dont 
le devoir du médecin est de chercher la cause. 

Après les accouchements un peu difficiles et 
prolongés, on constate souvent un léger degré 
d’hyperesthésie, mais qui disparaît de bonne heure. 
Si au contraire, ces douleurs constantes ne se 
montrent qu’après le deuxième ou le troisième 
jour et se généralisent, on aura à craindre quelque 
localisation inflammatoire et on doit se mettre 
immédiatement à en préciser la cause et à insti- 



tuer un traitement approprié. « Chacun sait en 
effet combien il est important d’agir dès le début 
dans les inflammations puerpérales; quatre ou 
cinq heures de retard peuvent rendre inefficace le 
traitement le plus rationnel. Ici, plus qu’en aucune 
autre circonstance, il faut observer le principe 
thérapeutique ,principiis obsta.'» 

Il nous reste à parler des lochies, point impor¬ 
tant en ce qu’il dénote souvent des troubles qui 
passeraient inaperçus. Cet écoulement physiolo¬ 
gique provenant de l’utérus, débute peu de temps 
après la délivrance et paraît tout d’abord sous la 
forme de sang pur. Au bout de deux jours, il de¬ 
vient sanguinolent et cesse ou diminue pendant la 
montée du lait, pour disparaître de nouveau et 
prendre l’aspect blanc jaunâtre, purulent vers le 
huitième et disparaître enfin au bout d’un temps 
qui varie entre quinze jours et trois semaines. Il 
persiste quelquefois jusqu’à l’époque du retour des 
règles, chez les femmes qui n’allaitent pas. 

Le médecin doit surveiller toutes les phases que 
parcoutcet écoulement et être prompt à constater 
les variations qui pourraient indiquer l’existence 
d’un état morbide. La fétidité de l’écoulement, sa 
suppression subite et précoce, devrait éveiller l’at¬ 
tention et faire chercher l’état pathologique qui en 
est la cause. Il y a d’autres variations qu’on peut 
rencontrer. Les lochies peuvent rester trop long¬ 
temps sanguinolentes ou purulentes ou dans l’une 



— 29 — 


ou l’autre dé ces deux périodes elles peuvent être 
trop abondantes. 

Dans le premier cas, où l’écoulement sangui¬ 
nolent durerait longtemps, cette durée peut être 
due à plusieurs causes. Si elle tient à une ulcéra¬ 
tion plus ou moins étendue du col de l’utérus due 
aux déchirures faites au moment de l’accouche¬ 
ment, on traitera le mal par de légères cautéri¬ 
sations répétées. Il se pourrait qu’il prît son ori¬ 
gine dans une irritation locale provoquée par une 
constipation opiniâtre, sans lésion appréciable. Il 
pourrait en outre dépendre d’un état fébrile pas¬ 
sager, ou au|contraire résulter d’une débilité géné¬ 
rale. Dans le dernier cas, une médication tonique 
est la seule appropriée. Si c’est l’écoulement puru¬ 
lent, qui persiste au delà du temps normal, ou se 
montre en quantité exagérée, la cause pourrait 
être la même que dans ; le cas précédent, mais le 
plus souvent, l’anomalie serait liée à une métrite 
catarrhale ou à un phlegmon périutérin, et on lui 
opposerait un traitement antiphlogistique et des 
injections astringentes. 

Un des premiers points sur lesquels le médecin 
doit fixer son attention en revoyant pour la pre¬ 
mière fois la malade est le fonctionnement de la 
vessie. Il arrive souvent qu’il y a une rétention 
d’urine qui peut suivre immédiatement l’accou¬ 
chement ou survenir quelques jours plus tard. 
Elle résulte dans les deux cas de la compression 



— 30 — 


exercée sur la vessie par la tête de l’enfant pen¬ 
dant un séjour trop prolongé dans l’excavation 
pelvienne, mais dans le second, il y a ordinaire¬ 
ment de l’inflammation, tandis que dans le pre¬ 
mier, la rétention tient à une simple paralysie 
passagère. Si le médecin ne s’en inquiétait pas, 
cet accident pourrait passer facilement inaperçu, 
jusqu’au moment où il provoquerait des sym¬ 
ptômes graves, car la femme peut ne pas se sentir 
incommodée. 11 pourrait arriver que la seule indi¬ 
cation de ce fonctionnement incomplet fût un 
simple malaise ou une douleur peu prononcée du 
bas-ventre, ou bien un léger mouvement fébrile, 
que le médecin pourrait bien ne pas attribuer à 
sa véritable cause s’il se bornait simplement à in¬ 
terroger la femme. Elle peut même croire sa vessie 
vide alors qu’il y reste encore beaucoup de liquide 
et que l’organe est assez distendu pour s’élever 
au-dessus du pubis et former une tumeur proé- 
minante, appréciable à l’œil. Pour éviter une mé¬ 
prise si fâcheuse et qui peut être si facilement 
évitée, le médecin doit s’assurer régulièrement à 
ehaque visite pendant les deux ou trois premiers 
jours du véritable état de la vessie. S’il constate 
l’existence d’une paralysie, il doit veiller à ce que 
la vessie soit complètement vidée par le cathété¬ 
risme deux ou trois fois par jour, jusqu’à la dispa¬ 
rition de ce trouble passager et jusqu’au retour de 
l’organe à son activité normale. 

La constipation qui suit habituellement l’accou- 



— 31 — 

chement résulte souvent d’une paralysie du rectum 
due à la même cause que celle de la vessie ; elle 
peut continuer jusqu’à l’apparition de la sécrétion 
laiteuse, et même au delà de cette époque, sans 
qu’il résulte aucun inconvénient. Ici il n’y a plus, 
comme pour la vessie, la nécessité d’intervention 
immédiate, mais si la constipation persiste, ou 
détermine de la céphalalgie, de l’insomnie, etc., 
ou un simple malaise, il y aura indication à la 
combattre, par l’administration de quelques laxa¬ 
tifs légers, administrés sous forme de lavements 
ou par la bouche. Même avec une constipation 
opiniâtre, il faut toujours éviter des drastiques et 
se tenir bien sur ses gardes en prescrivant les au¬ 
tres purgatifs, car leur emploi ne paraît pas être 
sans influence sur l’étiologie des accidents inflam¬ 
matoires (1). « A l’hospice de Stockholm, de 
116 femmes en couches purgées, 32 furent at¬ 
teintes de métro-péritonite et 5 succombèrent, 
tandis que des 108 auxquelles on donna des lave¬ 
ments simples, 18 présentèrent des symptômes de 
métro-péritonite et une seule mourut. » 

Les seins qui ont commencé de bonne heure, 
pendant la grossesse, à subir des modifications 
dans leur aspect et dans leur volume, ne com¬ 
mencent pourtant leur fonctionnement complot 
que deux ou trois jours après l’accouchement. 

♦ 


(1) Jacquemier. Manuel des accouchements, t, II, p. 596. 



— 32 — 


Pendant les premières vingt-quatre heures après 
l’accouchement, un liquide sucré, jaunâtre, est 
sécrété par les glandes mammaires. Au bout de 
quarante à soixante heures, les seins se gonflent 
et durcissent, et il y a un développement considé¬ 
rable des veines sous-cutanées de cette région, qui 
deviennent visibles à travers la peau. Ces phéno¬ 
mènes précèdent la vraie sécrétion lactée, et con¬ 
stituent ce qui est appelée, peut-être impropre¬ 
ment, la fièvre de lait. 11 y a des différences d’opi¬ 
nion quant à l’existence d’une fièvre liée à la 
sécrétion lactée. Quelques auteurs n’y croient pas. 
D’autres l’admettent, et un troisième groupe n’ad¬ 
met qu'un mouvement sub-fébrile, indiqué par 
une élévation de température peu prononcée, et 
une légère augmentation dans la fréquence du 
pouls. En tout cas, on observe quelquefois des 
troubles généraux accompagnant ces changements 
dans l’état des seins ; par exemple, la céphalalgie, 
l’anorexie, la soif, la chaleur et la sécheresse de 
la peau, le tout précédé quelquefois par de légers 
frissons. Ces symptômes disparaissent ordinaire¬ 
ment au bout de douze ou trente-six heures, en 
se terminant par une transpiration abondante. Ils 
se montrent souvent chez les primipares et chez 
les femmes qui commencent à allaiter de bonne 
heure. S’ils débutent par un frisson très-prolongé, 
et si la fièvre continue plus longtemps, le médecin 
cFoit s’en préoccuper, car il y aura probablement 
une phlegmasie qui commence. 



— 33 — 


Chez les femmes qui n’allaitent pas, il sera 
quelquefois nécessaire d’intervenir pour diminuer 
l’engorgement douloureux des seins. Pour cela, 
on appliquera des cataplasmes, et si cela ne suffit 
pas, on emploiera des sudorifiques et des pur¬ 
gatifs. 

Le fonctionnement de la peau devient ordinai¬ 
rement très-actif après Taccouchement. On aalorsà 
prévenir contre tout refroidissement, comme aussi 
contre une couverture trop chaude qui ne ferait 
qu’exagérer cet état continuel de transpiration. 

Les tranchées utérines dues aux contractions de 
l’utérus, surviennent ordinairement peu de temps 
après la délivrance, et ne se prolongent pas, 
dans la plupart des cas, au delà de la fièvre de 
lait. Ces contractions douloureuses sont, le plus 
souvent, provoquées par quelque corps étranger 
retenu dans l’utérus, comme, par exemple, des 
caillots formés par accumulation de liquide dans 
la cavité ou par des débris de membranes. Ils se 
développent surtout après un accouchement très- 
facile et rapide, dans les cas où l’utérus étant 
très-distendu, montrerait un certain degré d’iner¬ 
tie dans ses contractions « post 'partum , » et dans 
toute autre condition qui s’oppose au retrait gra¬ 
duel et complet de l’organe, et favorise l’engorge¬ 
ment de ses parois. 

On les rencontre plus souvent chez la multi¬ 
pare où elles se montrent avec une fréquence et 

B. 5 



— 34 - 


une intensité augmentant avec le nombre des 
couches. 

Il est nécessaire de bien reconnaître les carac¬ 
tères de ces douleurs, afin de ne pas les confondre 
avec celles qui seraient l’indice d’une inflammation 
commençante. On les différencie facilement par 
leur intermittence, par le soulagement que leur 
apporte la pression abdominale, par l’absence de 
réaction fébrile, et enfiq par l’augmentation dans 
l’écoulement lochial au moment où la femme en 
souffre. 

D’ordinaire, il n’y a pas de raison pour interve¬ 
nir tant qu’elles ne donnent pas lieu à de trop vives 
souffrances, puisque c’est plutôt un résultat salu¬ 
taire que fâcheux qu elles accomplissent, en effec¬ 
tuant un retrait rapide de l’utérus, et le dégorge¬ 
ment de ses parois. Cependant, si la douleur était 
excessive, on devrait essayer de la calmer par des 
cataplasmes et des lavements laudanisés. Il serait 
peut-être mieux, chez les femmes qui en ont déjà 
souffert dans des accouchements antérieurs, d’em¬ 
pêcher ces douleurs de se reproduire. 

La question du régime de la femme récemment 
accouchée est d’une importance considérable. Se¬ 
lon la méthode classique, la nouvelle accouchée, 
suivant un régime sévère, ne mangeait que des 
potages et des bouillons pendant les premiers 
jours après l’accouchement. Mais, on a trouvé 
qu’en permettant à la femme plus de liberté en 



— 35 — 

fait d’alimentation, et même en consultant son 
propre goût dans des limites raisonnables, elle 
n’en souffrait pas. Non-seulement les femmes n’en 
souffraient pas, mais les résultats obtenus en sui¬ 
vant eette méthode étaient positivement meilleurs; 
car, avec le nouveau régime on a remarqué que 
les convalescences ont été plus rapides que lors¬ 
que les femmes étaient mises à la diète. « Il y a 
cependant, « comme dit M. Playfair (1) en parlant 
de l’ancienne méthode, « une tendance chez quel¬ 
ques médecins, à tomber dans l’erreur en sens 
opposé, ce qui les mène à insister pour que la femme 
mange des aliments solides trop tôt, avant qu’elle 
ait retrouvé son appétit, régime qui finit par pro¬ 
voquer des nausées, de l’embarras gastro-intes¬ 
tinal. » 

Un régime léger, des bouillons, des potages, 
des œufs, du lait, etc., lui suffiront pendant les 
premiers jours; car, d’après ce qu’on a observé, 
l’appétit de la nouvelle accouchée est diminué, et 
ne reparaît qu’après un certain temps. Une fois 
qu’il est revenu, elle peut manger de la viande ; 
plus tard, des légumes, et après que la sécrétion 
laiteuse s’est faite, elle peut reprendre son régime 
ordinaire. 

(1) Playfair Treatrise on the Science und Practice of Midwi- 
fery, pi 251. 



QUESTIONS 

SUR LES DIVERSES BRANCHES DES SCIENCES MÉDICALES 


Anatomie et histologie normales. — Articulations de la tête. 

Physiologie. — De la sécrétion des larmes et des voies 
qu’elles parcourent pour arriver à l’extérieur. 

Physique. — Hygrométrie. Effets de l’humidité de l’air ; 
ses variations. 

Chimie. — Des combinaisons de F arsenic et dé l’anti¬ 
moine avec l’oxygène; préparations et propriétés de ces 
combinaisons. 

Histoire naturelle. — Caractères généraux des poissons ; 
leurs classifications ; des poissons électriques; des poissons 
toxicophores ; des huiles de foie de poisson (morue, raie, 
squale, etc.), de l’icbthyocolle ou colle de poisson. 

Pathologie externe. — Du traitement des luxations com¬ 
pliquées de fractures. 

Pathologie interne. — Des pneumonies secondaires. 

Pathologie générale. — De l’influence des âges sur les 
maladies. 

Médecine opératoire .— Du cathétérisme de la trompe 
d’Eustache. 

Anatomie pathologique. — Etude anatomique de la throm¬ 
bose. 

Pharmacologie. — De l’éther emplcyé pour la préparation 
des teintures éthérées; comment prépare-t-on celles-ci ? 
qiielles sont celles cjui sont le plus employées? quels sont 
les principes que l’ether enlève aux plantes? 

Thérapeutique. — De la dose médicamenteuse suivant les 
âges et les diverses conditions individuelles. 

Hygiène. — De la densité et de la raréfaction de l’air dans 
leurs effets sur l’organisme. 

Médecine legale. — Quels sont les moyens à employer pour 
prendre l’empreinte des traces de pieds ou autres sur la 
boue, la neige, etc.? 

Accouchements. — De la grossesse extra-utérine. 


Vu : Le président'de la thèse, Vu et permis d’imprimer : 

DEPAUL. Le vice-recteur de l’Académie, 

MOUR1ER.